Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


LE LIVRE DE l'aMOUR 4O3

��Viens, comme la plus petite des servantes, qui rentre du marché la dernière, lorsqu'on a presque fini de manger, et qui pose sur la table un bouquet de fleurs fraîches. N'aie pas peur ; tu seras celle que l'on n'espérait plus, mais qu'on eût cherchée le lendemain au réveil ; tu seras l'hirondelle qui se glisse par la porte entr'ouverte, et l'on se réjouit alors de n'avoir pas fermé la porte. Viens donc, puisque tout le monde attendait dans le village et que la grâce t'a conduite à qui n'osait plus attendre, comme une graine de pin que le dernier souffle du jour pousse dans un pré désert. Ici, ta mission sera d'être douce, de sourire en passant dans la cuisine pour que ton rire sur les cuivres se reflète, de chanter, et de me laisser le soir dormir contre toi, confiant dans un inextin- guible amour, les battements de nos deux cœurs épousés de poitrine à poitrine. Ah, vois-tu, il faut! il faut que tu me donnes la tranquillité ! la paix, la certitude et le silence ! l'ombre ! il faut que tu sois le chemin creux où j'errais encore l'année dernière en m'effbrçant d'être heureux ! O tard- venue, c'est ton devoir, si tu m'aimes ; c'est ta dette, et tu ne peux la refuser. Ma douce prison- nière ! approche-toi ; ne dis pas non ; mais goûte déjà dans ton acceptation le pressentiment d'une joie plus pure, alors que, me voyant un matin

�� �