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394 ^^ NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

volcanique et des ravins lacérés, blancheur fleuris- sante des neiges, mais, la maîtresse du chœur, verdure pacifiante des citronniers! Au cap Skiso, où la terre éruptive s'apaise en une plage incurvée sous la paume, qui la polit, de la mer, leur champ immense et plat occupe l'emplacement de Naxos. Il paraît que de la rive monte vers ce paysage tourmenté, avec le souvenir des Corinthiens, une grande venue de lucidité et de raison, une palme verte qui, débordant toute sur la plaine de Giar- dini, escaladant les premiers degrés des monts, vient en l'enveloppant dérober Taormine comme le plus doux de ses fruits mûrs.

Et pourtant l'opulence métallique de ces cou- leurs, et ces coulées, qu'elles développent, de bronze décomposé, figurent, chemin du Théâtre, un goût plus romain que grec. Le paysage est, comme la ville même, pareil au corps de Glaucus, indistinct des algues et des coquillages. J'ai cru le voir dans la plénitude de son acte, un jour que les nuées venues de l'Etna, noires, passaient et pendaient lourdement, sur le ciel ensoleillé par places. Les montagnes trapues leur répondaient sur la terre comme un corps à son simulacre, comme les poitrines de gladiateurs aux formes de leurs cuirasses suspendues.

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��Le Théâtre, des jours et des jours j'ai vu sur

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