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392 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

mieux qu'en France. Et pourtant il part, le Taorminais, il imite le Sicilien misérable de Girgenti et de Trapani. Mais jusqu'en Amérique il porte à sa semelle l'aide de sa bonne et riche terre, qui a fait de lui un ouvrier meilleur, plus intelligent, mieux armé. Anglais et Allemands ici prennent sa place, et Taormine pour eux ne vit que de sa lumière et de sa grâce. Un gros ouvrage d'un certain Douglas Sladen, que je trouve dans tous les hôtels siciliens, et où le pauvre auteur paraît avoir voulu réaliser pour l'étranger la figure ridicule de l'Anglais en voyage, appelle Taormine le pays des mangeurs de lotos. Eh oui 1 c'est, Taormine, un lotos de table d'hôte. Propre, arran- gée, soignée à point, elle paraît moins une ville qu'un palais, ou, mieux, une terrasse sur la mer, un balcon de pierre grecque, romaine et gothique, dans les citronniers, les géraniums, et les roses. Sur cette terrasse s'allonge le rêve du bateau qui m'amenait. Je me sens pris, les yeux fermés, par cette circulation de ceux qui partent et de ceux qui viennent ; passage qui dans le site aéré, lumineux et tiède témoigne d'harmonieuses lois, comme les courants de la mer ou les brises alter- nées des rives.

��Au matin, par delà les toits de tuile, les volets clairs sur les murs blancs, les jardins clos éclatants

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