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��TAORMINE

��Le bateau allemand qui de Constantinople me conduisait en Sicile avait chargé au Pirée, comme il fait toutes les quinzaines de printemps, un convoi, pour l'Amérique, d'émigrants grecs. Sous des cou- vertures quelques-uns jonchaient le pont d'avant ; mais, comme la nuit n'était pas avancée, presque tous, dans une basse et sombre écurie qui leur servait de dortoir, chantaient et dansaient. Aucun ne semblait triste de quitter le village de Morée où il avait bu l'eau fraîche, entendu lire dans les cafés les patriotiques et fiévreux journaux de papier rose. Une joie d'enfant animait ces danses qui peut-être avaient fait bondir les éphèbes de Messénie et de Mantinée, et sur le bord du demain inconnu, en route vers le continent lointain, com- me ce petit peuple respirait librement d'insoucieuse confiance !

J'étais venu m'asseoir, à l'extrémité de l'avant, sur un paquet de cordes. Là, le vaisseau sous mon regard et presque sous ma main n'était plus qu'une arête verticale, rigide et toute frêle, fine comme le croissant d'or du ciel, et qui, de l'Orient à

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