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d'après trois estampes 381

Par la poterne passent les cavaliers ; un pape- gaut vole sur le ciel bien tissé...

Et puis, voici d'autres soldats et d'autres gens ! Voici des trompettes et des hérauts d'armes vêtus de blanc, de pers et d'écarlate ; voilà des écuyers, voilà des enfants-pages ; voilà les haquenées à l'amble. Et, par delà les pages et les cavaliers, s'avance une mule poussive brimquebalant à petits pas, tout de guingois, un vieux cavalier gris.

Vois, mon maître ! Cet homme en mantel de gros vair, ganté de louveteau, dos voûté, figure glabre sous son chapeau d'images, c'est ta " vieille araigne ", c'est Messer Louis Onze ! Montjoie ! Montjoie ! crient les petites gens autour de lui, ou Noël ! Noël ! Lui baise sa patenôtre. Et dans ses bas de futaine, ses mauvais houseaux, il marche en avant des autres. Et toi, au passage, tu le portrai- tures en nuances de poussière, en lignes de nuées ou en fils de brouillard ; car de vives couleurs, de laines opulentes, de drap éclatant, d'étincelants joyaux, d'épée à poignée d'or ornée de diamants, tu ne veux que pour Monseigneur le Duc! Celui- là — mieux que Philippe de Comines ne sut faire — tu le peindras à nobles lignes, à teintes fauves et à beaux traits : le front houssu, les yeux ardents et le regard téméraire, la bouche sensuelle, le col robuste et la Toison battant sur la poitrine ample. Leal Français avec mon prince I dis-tu tissant toujours à beaux mots d'historien comme

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