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380 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Voici la ville de Dijon, toute dominée de flèches et de clochers, avec Saint Bénigne et Saint Phili- bert, les pignons des moutiers, et, comme dans les images, la Tour de Bar et le Logis du Roi ; voici la vallée d'Ouche et la ville semble, au-dessus d'elle, droite comme une nef.

Dans le mur du rempart, tel un œil qui regarde, une petite poterne s'entr'ouvre. C'est par là que le grand cerf s'élance ! Mais, après le cerf il y a la chasse ; après la chasse il y a les soldats armés des lances et des espadons ; il y a les archers avec les arcs ; et, par dessus eux, les pavois s'éploient ! Vêtu, à tons violents, de belles pièces de couleurs, entouré des varlets, chevauche Philippe Pot ; et, par devant lui, messire de Clèves et messire de Crèvecœur. A leur suite se pressent les dames en huques et en hennins ; puis une cavalcade admi- rable commence ; des ménétriers, en avant jouent des airs de noce. Une procession fastueuse, précé- dée d'os de saints qu'on porte dans des châsses, paraît à la suite. Des bannières claquent au vent ; passent des croix enluminées, des diacres avec des torches, puis de gras et beaux moines chantant du latin.

De ton œil fin et vif, animé du feu de ton cru bourguignon, toi tu suis du regard la belle histoire, la légende que tissent les mots sous tes mains, les fils d'or et d'argent, les fils pourpres et bleus emmêlés sous tes doigts.

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