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D APRES TROIS ESTAMPES 379

Monseigneur le Duc, " tu composeras un peu ta Chronique de Bourgogne. Mon vieux maître, ce clair matin est à ton prince.

C'est un vin velouté du cru de Beaune. Clic, cette servante de ta comté d'Alost. à cheveux roux, à tendres yeux et à beaux seins t'en a, dans ton pichet, versé par dessus l'épaule. Ton regard en est étincelant, ton cœur en est tout réchauffé. Bon panetier c'est le temps de donner ton pain cuit ; brave écuyer c'est l'heure de tracer tes récits.

Vois, par la baie ouverte, se propager jusqu'aux clairs fonds bleus, le fin paysage de collines. L'air est suave, les lointains limpides ; au-dessus des sillons de doux nuages avancent. Et c'est comme si, de l'horizon jusqu'à ton visage, venait parmi les fleurs et parmi les blés roux, un long tapis admirable.

D'abord c'est une vaste campagne que tu vois : des plaines ensemencées, de petits tertres, une rivière avec des saules ; puis, des boqueteaux, des vignobles, une autre plaine plus étendue. Une poursuite au gibier commence : il y a des chasse- resses et des chasseurs et, de même que dans les tentures de fil d'Arras, des veneurs conduisant les hardes, les fauconniers avec les faucons. L'andouil- 1er en avant un grand cerf s'élance ! Et la bande des chiens blancs, la bande des chiens noirs bon- dissent sur ses pas...

La tenture avance, avance vers toi, tissée de haute lice.

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