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378 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

O mon vieux Mercator ! Regarde comme cela est plaisant le monde avec les petites taches bleues des mers, les teintes vertes des prairies, les grêles linéaments des fleuves et les aspérités des mon- tagnes. Et, c'est comme si, dans ta main ouverte, tu tenais un fruit merveilleux, une pomme divine ou le sein de Cérès !

//. Un Chroniqueur

CHASTELLAIN

C'est un petit vin de Beaune ; on l'a recueilli en septembre sur les coteaux dorés tandis que, sur les ceps d'automne, chantaient et voletaient les grives. C'est un chaud élixir. A petites gorgées tu en bois un pichet, mon maître. Cela fait, tu prends doucement ta plume ; tes mains s'agitent, longues et belles ; ton visage glabre, comme rasé de près par le barbier Olivier, s'anime de chaleur. Que vas-tu célébrer cette fois, sur le vélin, dis-nous, vieux chroniqueur : les Dames de rhétorique^ les Deux Félicités ou Madame la Vierge sur le front blanc de qui les peintres ont placé l'auréole des anges } Que non pas ! Tu as bu un coup de vin de Beaune ; aussi ne broderas-tu cette fois, comme banderoles s'enroulent, ton beau langage de devises aux dames et aux bienheureux ; mais toi, Georges Chastellain, " escuier, panetier de

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