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372 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Dans ses casseroles de cuivre Et sur la pierre usée de son seuily Avec du soleil parmi les faïences peintes Rangées sur le vieux bahut de noyer Et sur le ventre des cruches lourdes d^oà Peau suinte^ Qui reposent et pèsent sur les pierres de F évier ^ Avec du soleil sur les balances rouillées Où Fonde de mon aïeule pesait son or^ Et du soleil dans la haute cheminée Ou sont les chenets massifs et tors^ Le coffre oîi F on met le sel et la repasse Et le banc luisant oîi les vieux se tiennent assis^ A la veillée, durant les nuits claires d* hiver, quand il glace Et quon boit du vin doux en mangeant des châtaignes et du

\_pain rassis.

Et bientôt entrera le chien avec son pelage rude Et le coq surgira debout dans le soleil du seuil. Le chien comme un ermite 'vêtu du bure, Le coq casqué de sang et cuirassé d^azur et de vermeil. Et sur nos mains le chien viendra poser sa tête Riche de For de ses deux yeux soumis et confiants de bête. Et F aïeule dira : " C^est un chien qui vint dans le pays, On voulait le noyer, parce quil était mangé de gale. C^ était vraiment pitié. Je me suis dit : Il vaudra bien toujours le pain quil mange. " Puis elle ajoutera : " f^ous devez avoir soif, pauvrets, ^ On dirait quil tombait du feu sur la grand^ route. Voici des verres et du vin de nos collines rousses. J* avais fait, ce matin, pour vous, tirer du lait

  • "praubo/s" en gascon.

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