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LETTRES DE CHARLES-LOUIS PHILIPPE 357

noce : elles sont en blanc, et les fleurs d'oranger fines et lancinantes ; elle sera triste à mourir. Quand elle respirera, elle croira respirer de la douleur aiguë. Mais elle lira de doux romans que lui prête M. l'Abbé, et son cœur simple sera ému et bienheureux par le bonheur qu'on y voit, et quand même, il y aura un petit jet tendre de son âme, vers l'espoir.

Et M. l'abbé, il est si bon que j'en pleure. II n'aime que ce qui souffre, que ce qui est faible : les petits enfants, les vieillards, le petit Jésus qu'on a crucifié, la Vierge Marie dont le cœur, dont la poitrine, dont les mains sont percés par les clous de la Croix. Il rêvera, il regardera le soir épars dans l'espace comme une âme tendre qui s'est diluée, et Monsieur l'Abbé pleurera sur ma Marie, il la verra comme un ange, comme une mère, comme une sœur. Sourires, soupirs, joies, peines, toute son âme tendre, la voilà. Oh ! mon ami, qu'ils seront beaux ! et puis je dirai l'Amour, je dirai les choses, je dirai l'Eglise douce comme l'Amour et paisible comme les choses, la vieille église sombre qui dort toujours, toujours.

— Ma vie est si calme, je me remets à ne plus sortir et quels beaux soirs de grand rêve va me verser la lune, et le ciel d'au-dessus de ma tête, je vais l'aimer comme une personne.

Il est très tard, je t'aime, je vais te quitter. Je t'aime doucement; je te l'ai dit, mon cœur est pli^s

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