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354 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

-poète ! c'est beau : ça n'est pas de la vie, c'est du rêve. Ça nous émeut parce que ça réveille en nous de vieux songes endormis, et nous pleurons parce que la vie a tué tous nos rêves.

Reçu aussi le livre d'Albert. Je ne l'ai pas fini, mais il me semble déjà que je ne l'aime pas. Et toi }

J'aurais bien répondu à cet Hommage à Zola^ mais j'ai reçu ta note le 2 ou 3 mai, et je n'ai pas eu le temps avant le 5. Peu importe. Ma réponse aurait été comme les vôtres. Il est évident que Zola a fait le plus bel acte de sa vie. Il est plus évident encore qu'Esterhazy est coupable.

— Je vais commencer, ce soir sans doute, mon nouveau livre. Ce sera l'histoire de maman. On y verra d'abord mon pays et ma maison et on m'y verra tout petit, alors que maman me faisait téter, m'apprenait à sourire, à marcher, à parler, en un mot: alors qu'elle m'apprenait à faire les premières actions de la vie. On verra lorsque j'étais malade et que maman, désespérée, employait tous les moyens pour me sauver. Elle me fait prier avant qu'on m'opère, pour que Dieu me protège, elle me promet des petites choses pour après, si je n'ai pas trop crié. Elle me conduit chez une vieille commère qui, lui avait-on dit, guérit ces sortes de maladies. On m'y verra lorsque je vais à l'école et pendant que je fais deviner à maman combien j'ai de fautes dans ma dictée.

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