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LETTRES DE CHARLES-LOUIS PHILIPPE 34I

très belles et qui m'ont attendri. Je t'assure que ta lettre de bonne année m'a donné de la joie, j'aurais voulu tout de suite y répondre, mais j'étais trop triste. Ces jours de l'an que l'on passe seul contiennent de grandes amertumes. Je pensais à tous ceux que j'aurais dû voir, et je me sentais loin d'eux comme un abandonné. Des gens devaient venir me voir, j'attendais des paquets. Les gens ne sont pas venus et les paquets se sont perdus au chemin de fer. Et puis j'étais malade. Cette glande m'a beaucoup fait souffrir. Tu ne peux pas savoir quelle besogne dure c'était, que de mettre mes souliers. Je l'ai soignée, mais cet iodure de potassium m'affaiblit, me navre. Je ne sais pas si je suis guéri. J'ai souffert encore hier et aujourd'hui, ça a l'air de décroître, mais je ne sais pas si cette décroissance signifie la guérison ou si ces nouvelles douleurs signifient une aggra- vation du mal. Dans ce dernier cas, il faudrait qu'on me donne des coups de bistouri et que je garde le lit plusieurs jours, et je serais encore tout seul. Il est pénible que je sois à te raconter mon mal, alors que je voudrais te dire des paroles heureuses qui te fassent du bien. J'ai beaucoup pensé à toi, à travers mon abrutissement, et je t'aimais bien fort...

Je ne voudrais pas me plaindre et t'attrister plus longtemps. Tu me reproches de ne pas assez

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