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NOTES 323

réplique à un artiste en vogue. Dès lors, si, à toute époque, les originaux et les bonnes répliques s'équivalaient aux yeux des experts chinois, comment nous autres, qui débutons dans l'étude d'un art hier inconnu, pouvons-nous espérer nous y reconnaître ! Force nous est d'imiter les japonisants de la première heure qui, dépourvus de connaissances précises, s'en remirent à leur seul goiàt du soin de les guider. Quiconque, doué d'un œil exercé, a visité les collections de Madame Wegener et de Madame Langweil, aura su y discerner les quelques morceaux de choix qu'elles contiennent. Assurément ces deux expositions n'apportent point de révélation à qui put voir certaines pages de grand style entrées depuis deux ans dans les collections parisiennes. Trop souvent, elles nous met- tent sous les yeux des productions dont on sent qu'elles sont des' reflets d'oeuvres supérieures. Il va de soi, enfin, que l'on n'y trouve rien qui puisse aller de pair avec les admirables portraits et les émouvantes peintures religieuses des musées de Kyoto, de Nara et de Tokyo. Mais, parmi les œuvres offertes à notre curiosité dans les galeries Bernheim et Durand- Ruel, plusieurs, surtout, parmi celles d'époque Ming(i368-i644) méritent d'être retenues. La collection Wegener contient notamment divers portraits de concubines d'une rare élégance, et des lotus d'une belle exécution. La collection Langweil, plus homogène, mieux présentée, possède une figure : " Lo-Han tenant le vase aux aumônes ", où l'on retrouve la gravité des fortes œuvres des maîtres chinois, et deux effigies féminines, l'une (n" 25) étonnante de vie et d'arrangement, l'autre (n** 4) écrite avec un goût exquis. Ici et là des panneaux de fleurs et d'oiseaux nous sollicitent par la fermeté de leur dessin ou la richesse de leur coloris.

Ces expositions, simultanément ouvertes, auront eu le mérite d'attirer l'attention sur un art qui dans ses manifestations achevées ne redoute aucune comparaison et que nous pouvons admirer à l'égal des plus grands.

E. D.

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