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ISABELLE 293

— Bon ami ! Bon ami ! (c'est ainsi qu'elle l'appelait) Monsieur Lacase veut bien rester.

La faible voix sonnait comme un grelot fêlé, mais parvint cependant ; je vis la fenêtre s'ouvrir, Monsieur Floche se pencher un instant ; puis, aussitôt qu'il eut compris :

— Je descends ! Je descends.

Casimir se joignait à lui ; durant quelques instants je dus faire face aux gratulations de chacun ; on eût dit que j'étais de la famille.

Je rédigeai je ne sais plus quel fantaisiste texte de dépêche que je fis expédier à une adresse imaginaire.

— J'ai peur, à déjeûner, d'avoir été un peu indiscrète en vous priant trop fort, dit Madame Floche ; puis-je espérer que, si vous restez, vos affaires de Paris n'en souf- friront pas trop ?

— J'espère que non, chère Madame. Je prie un ami de prendre soin de mes intérêts.

Madame de Saint-Auréol était survenue ; elle s'éven- tait et tournait dans la pièce en criant de sa voix la plus aiguë — Qu'il est aimable ! Ah ! mille grâces... Qu'il est aimable ! — puis disparut, et le calme se rétablit.

Peu avant le dîner l'abbé rentra de Pont-l'Evêque ; comme il n'avait pas eu connaissance de ma velléité de départ, il ne put être surpris d'apprendre que je restais.

— Monsieur Lacase, dit-il assez afFablement, j'ai rap- porté de Pont-l'Evêque quelques journaux ; pour moi je ne suis pas grand amateur des racontars de gazettes, mais j'ai pensé qu'ici vous étiez un peu privé de nouvelles et que ces feuilles pourraient vous intéresser.

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