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ISABELLE 281

— La partie de jacquet vous distrairait, répétait vaine- ment l'abbé qui, faute d'adversaire, finit par se retirer, emmenant coucher Casimir.

Quand, ce soir-là, je me retrouvai seul dans ma chambre, une angoisse intolérable m'étreignit l'âme et le corps ; mon ennui devenait presque de la peur. Un mur de pluie me séparait du reste du monde loin de toute passion, loin de la vie, m'enfermait dans un cauchemar gris, parmi d'étranges êtres à peine humains, à sang froid, décolorés et dont le coeur depuis longtemps ne battait plus. J'ouvris ma valise et saisis mon indicateur : Un train ! A quelque heure que ce soit, du jour ou de la nuit... qu'il m'emporte ! J'étouffe ici...

L'impatience empêcha longtemps mon sommeil.

Lorsque je m'éveillai le lendemain, ma décision n'était peut-être pas moins ferme, mais il ne me paraissait plus possible de brûler politesse à mes hôtes et de partir sans inventer quelque prétexte à l'étranglement de mon séjour. N'avais-je pas imprudemment parlé de m'attarder une semaine au moins à la Quartfourche ! Bah ! de mauvaises nouvelles me rappelleront brusquement à Paris... Heu- reusement j'avais donné mon adresse : on devait me ren- voyer à la Quartfourche tout mon courrier ; c'est bien miracle, pensai-je, s'il ne me parvient pas dès aujourd'hui n'importe quelle enveloppe dont je puisse habilement me servir... et je reportai mon espoir dans l'arrivée du facteur. Celui-ci s'amenait peu après midi, à l'heure où s'achevait le déjeuner ; nous ne nous serions pas levés de table avant que Delphine n'eût apporté à Madame Floche le maigre paquet de lettres et d'imprimés qu'elle distribuait aux

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