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266 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

favoris des Romantiques. Il est visible qu'il pra- tiquait Molière ; et quant à La Fontaine, ce qu'il dit des fables de Gay prouve qu'il le connaissait bien. Mais ses dieux familiers sont Dumas père, Balzac et Hugo (avec des réserves sur le fonds). Il les a connus depuis sa jeunesse, et lorsqu'il était à l'hôpital d'Edimbourg, ses amis venaient le voir " chargés de Balzacs,

" Gros livres jaunes, impudemment français. "

Tout ce qu'il a su de notre civilisation compli- quée et décadente, il le tenait de ces écrivains-là. Dès qu'il en sort, il cesse de dire des choses justes et débite des " conceits " ingénieux mais imper- tinents : Baudelaire est l'étrange et gras champi- gnon collé au tonneau d'où fuit le bon vin de Balzac ; il y a, dans Salammbô et chez Guy de Maupassant une " éclipse partielle de l'art et de la morale ", conséquence extrême du romantisme. Il ne semble pas voir que l'époque et le fonds du caractère français expliquent suffisamment la parenté de " Pierre Dupont, Balzac et Flaubert ". Il voudrait bien, prenant pour exemple Zola (" les ténèbres égyptiennes ") démontrer qu'après le mouvement romantique la littérature française, épuisée, a cessé de rien produire de grand. C'est l'erreur commune à tous les étrangers, depuis des siècles. Ils prétendent qu'à partir de telle ou telle année l'art français a cessé d'exister et dé-

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