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WILLIAM ERNEST HENLEY 263

toutes les opinions défavorables ; puis il conclut en un ou deux paragraphes. Cette méthode peut paraître un peu superficielle, et l'on se demande si la vérité n'en souffre pas. On l'a qualifiée de " méthode épigrammatique ". Et, à ce point de vue, il est intéressant de comparer la manière de Henley avec celle de nos anglistes sur le même sujet : Henley et Auguste Angellier sur Burns, Henley et Jules Douady sur William Hazlitt. Chez les nôtres, il y a pénétration des âmes jus- qu'aux replis les plus intimes; ce sont des portraits minutieux, avec une atmosphère. Chez le critique anglais, c'est le fusain hardi, les gros traits jetés, dirait-on, de chic, et dont la forme reste dans la mémoire. Le Robert Burns ^ français est plein d'aperçus qui ne sont que cela, et d'hypothèses présentées comme telles. Chez Henley, pas de réticences ; rien que des aflîrmations tranchantes ; pas de discussion possible. Mais c'est son affaire : s'il se trompe, il se trompe grossièrement ; s'il tombe juste, il ne laisse rien à dire après lui.

On a dit que W. Hazlitt décrit si bien un tableau que l'image et la couleur apparaissent à mesure qu'on lit sa description, et que sa phrase est comme une feuille de verre à travers laquelle transparaît la peinture. W. E. Henley, avec une faculté de représentation non moins remarquable,

' Auguste Angellier, Robert Burns. La Fie. L'Œwvre. 2 vol. Hachette. 1893.

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