Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


SUR LA CRITIQUE AU THEATRE I9

ouvrage est en question, nous le verrons donner toute sa réserve, découvrir toutes ses ressources, faire emploi le plus subtil, le plus brillant, le plus décisif de sa finesse, de sa logique et de son éloquence, s'il s'agit de combattre ou de faire triom- pher une conviction morale ou sociale. D'autant que cette double préoccupation, morale et sociale, " se manifestait chaque jour plus fortement " dans l'œuvre de Jules Renard, M. Blum déplorera plus amèrement, comme une perte irréparable, la mort du grand écrivain. A ses yeux La Bigote est un chef d'oeuvre parce que "jamais M. Jules Renard n'avait traité un sujet si ample, si riche de contenu, inclinant à des réflexions ou à des conclusions si graves ", parce que la pièce aborde une " ques- tion " périlleuse et difficile, et qu'il faut lui recon- naître " la valeur d'un acte ". Déjà M. Blum accor- dait de la "considération" au théâtre de M. Brieux, en faveur de 1' " utilité " de ses thèses. Et je remar- querai enfin que, dans le présent recueil, si les études sur Jules Renard, Henri Lavedan et Tristan Bernard, par exemple, semblent excellentes, l'ar- ticle sur Paul Bourget, à propos de La Barricade, l'emporte de loin sur les autres. Il est admirable d'entrain, de mouvement, de vigueur, de franchise et de précision. Là, un sentiment profond, authen- tique, une conviction vivante ouvrent les yeux du critique et décident son jugement, le guident, l'entraînent, le forcent non seulement à ruiner les

�� �