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SUR LA CRITIQUE AU THEATRE I7

pendant de longs soirs, personne^ en un sens, n^en sera plus heureux que moi. "

Il y a dans cette aménité mieux que de la politesse, et dans cet optimisme plus que de la courtoisie... Il serait curieux et délicat d'examiner de quoi le ton de M. Blum est fait, de doser les éléments psychologiques dont son style et sa pensée sont nuancés. Politesse et courtoisie ; défé- rence, amabilité, avec une inclination à quelque naïveté sentimentale ; le goût de la serviabilité et le sens de la diplomatie amicale ; un penchant naturel à goûter des plaisirs immédiats, à ne pas bouder contre ; de la modestie ou de la timidité, lesquels se manifestent par la crainte du ridicule, la défiance envers soi-même et une espèce de détachement. Un trait, pourtant, me semble do- miner tous les autres. Et, pour le fixer, je ne sais en vérité quel mot choisir... S'il m'en souvient, un jeune et fougueux chroniqueur reprochait naguère à M. Blum son insensibilité. C'était dépasser la mesure. Et M. Blum a dû sourire d'une épi- thète aussi fautive, s'adressant à lui que tous les divertissements de l'esprit trouvent éminem- ment disponible ! Pourtant... J'ai dit plus haut de M. Blum qu'il prisait la beauté. C'était pour ajouter, à la place où nous voici venus, qu'il ne méprise pas assez la laideur, ou la facilité, et la banalité. Quand une œuvre est belle, tant mieux ; nul mieux que lui ne s'en réjouit. Mais il ne

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