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lyO LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

œuvres d'adresse et de placage. De Goupil à Margot, histoire de bêtes, n'est rien de plus.

Marie-Claire écartée, trois livres restaient en présence, Goupil, Nono, l'Hérésiarque. Pour mon instruction personnelle, je les ai lus tous trois. L'Académie Goncourt couronna le premier ; je ne vois pas très bien pour quelle cause.

M. Pergaud fait le Kipling dans les bois d'André Theuriet; aimable entreprise sans doute, et digne d'encouragement, d'au- tant qu'il écrit aisément, qu'il a le sens sylvestre agréablement poétique et qu'il s'amuse à ses récits. Mais il manque par trop d'imagination et pourquoi nous cache-t-il si mal ses sources, qui sont non pas bocagères, hélas non ! mais livresques, mais affreusement livresques ? Si un paragraphe de Remy de Gour- mont nous vaut le conte de la taupe, quel traité d'Histoire Naturelle a nourri tout le reste de détails singuliers que nous ne demandions pas à l'auteur, mais qui donnent un peu de corps à son livre, de fond si mince ?

Est-ce la saveur rustique ou l'invention littéraire que l'on a voulu couronner ici ? Dans le premier cas, que n'a-t-on préféré Nono, où le patois rural, trop insistant mais pittoresque, orne du moins un effort de romancier. Et dans le second cas, un choix, un seul choix s'imposait, celui de X Hérésiarque, où la littérature pure, dégagée de l'observation du monde et des êtres, longtemps après Villiers, après Huysmans, manifeste un regain bien inattendu de jeunesse : il fallait couronner les Philtres de Phantase, si amusants, si réussis, de M. Apollinaire. Et il ne manquait pas d'autres romans. Pourquoi pas ces Dames Balmain, livre de début, où M°" Madeleine Picard a montré une sobriété, une tenue bien rare chez les écrivains de son sexe. Et pourquoi pas la Vagabonde f

Mais je demande là des raisons littéraires, et je semble oublier tout récheveau d'intrigues qui s'embrouille autour d'un con- cours. Ce n'est pas le lieu de les démêler.

H. G.

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