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l66 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Été, sous tes auspices, J'ai rimé ce caprice.

N'est-il pas rafraîchissant de songer que les dures lois de discipline sous lesquelles nous nous courbons peuvent être si joliment transgressées, et qu'il y a quelques femmes privilé- giées dont le tact est si sûr et le goût si délicat, que toutes règles, auprès, sont pédantes et superflues ? J. S.

�� ��DES FLEURS, POURQUOI. — Poèmes par M. Guy Lavaud. (Cornély.)

M. Lavaud a eu l'heureuse idée, pour nous conduire à ses derniers poèmes, de les faire précéder d'une réimpression choisie de la Floraison des Eaux et du Livre de la mort, ses deux recueils de début. C'est dire que, jeune encore, il a atteint déjà à un degré suffisant de conscience pour juger son passé ; ce qu'il n'en sauve pas je ne dis pas qu'il le condamne absolument, mais il l'écarté ; il a appris désormais à choisir. Je propose cette attitude en exemple à tant de jeunes gens qui considèrent tout ce qui a pu tomber de leur plume comme admirable, intangible, immortel.

Aussi bien M. Guy Lavaud sait ce qu'il veut faire et le fait et l'on ne peut pas souhaiter dans le genre qu'il a élu une plus complète réussite. Il n'innove pas, non. Cette poésie des rela- tions humaines dont je saluais l'autre jour la naissance à pro- pos des remarquables livres de MM. Duhamel et Vildrac, se trouve aux antipodes de la sienne. Il continue la tradition lyrique commune à tous les romantiques, celle du paysage sen- timental. Tout ce qu'y ajouta Baudelaire, puis Mallarmé, il l'accepte à son tour, et aussi cette subtilité plus aérée dont l'anima Vielé-Griffin, mais pour la cultiver à sa manière, plus strictement, plus délibérément. Il serait aisé de réduire pres- que tous les poèmes de M. Guy Lavaud à une formule unique : un paysage et un état d'âme confondus, l'un traduisant, éclai-

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