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l'ombrageuse 141

Affalée dans un fauteuil, devant la fenêtre entr'ouverte, celle-ci sommeillait à demi. A l'approche de la jeune femme, elle se redressa subitement et, soulevant d'un efïbrt ses paupières appesanties : " Tu venais me chercher, interrogea-t-elle, ça ne va pas plus mal, n'est-ce pas ? '*

Isabelle, doucement, lui caressa la joue : " Non, rassure-toi, petite. Tout danger est passé, je la quitte à l'instant, elle s'est endormie. Ne t'inquiète désormais que de faire comme elle. "

Tranquillisée, Boboli se laissa retomber sur son siège :

    • Vrai ? soupira-t-elle. Ah ! tu me soulages, je ne vivais

plus. Mais sapristi ! elle peut se flatter de nous avoir causé une fîère peur. Quelle nuit nous avons passée, j'en suis rompue pour toute une semaine. " Et jetant un regard d'envie à l'Ombrageuse qui, debout contre la fenêtre, aspirait avec délice l'odeur limpide du matin qui mouillait les jardins : " Par exemple, ajouta-t-elle, je t'admire, toi, voilà douze heures que tu es sur pied, tu t'es dépensée sans compter, et à te voir, on jurerait que tu viens tout juste de te lever... "

Isabelle haussa les épaules sans répondre. Son visage, en eflFet, était frais, serein et reposé, les longues fatigues de la veillée semblaient n'y avoir pu marquer une ride ou une ombre ; ses yeux surtout étonnaient par une vivacité, une sorte d'éclat profond et contenu dont elle était toute illuminée. Se retournant vers Boboli, enfin : " Du moins, reprit-elle, m'expliqueras-tu ce qui s'est passé. J'ignore tout encore. "

'* Et que veux-tu que je te dise ? En rentrant hier soir, je l'ai trouvée étendue sur le tapis au pied de son lit. Quand je me suis approchée, elle m'a repoussée

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