Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


l'ombrageuse 125

il, il y a une moralité à tirer de cet épisode... Dans un endroit de plaisir comme celui-ci, on ne saurait apporter assez de prudence dans ses fréquentations. A force de rencontrer les mêmes personnes à la même place, on finit par causer et se serrer la main... Là est le danger... Voyez plutôt ce Latour. Qui de nous n'aurait juré que c'était un parfait galant homme ; n'empêche que le voici compromis dans une bien vilaine aflfeire. Dès lors, qu'attendre des autres, d'un tas de gens que nous ne connaissons pas et qui, à la longue nous deviennent familiers sans qu'on sache comment ni pourquoi...

D'un hochement de tête attentif, Isabelle n'avait pas cessé de l'approuver. ** Ah ! la sagesse parle par votre bouche ", s'écria-t-elle, et à l'air de fiévreuse gaîté dont elle considérait les jeunes gens, Boboli comprit soudain quelle menace était supendue sur leur tête.

" Tout de même, reprit l'Ombrageuse, en revenant à Chariot, j'attends encore de connaître votre opinion... Ah ! vous vous défendez bien !... Ainsi, c'a été pour vous une surprise, rien ne vous avait mis en garde ?... Pas une fois sa conduite, sa manière ne vous ont paru suspectes ? Est-ce là ce que vous pensiez ? Parlez donc. Ou me faut-il croire que ma curiosité vous importune ?..."

Chariot, pour le coup, ne put dissimuler l'embarras où le mettait une si tenace insistance. " Eh ! que voulez- vous que je réponde ? balbutia-t-il. Je vous le répète, c'est à peine si je le connaissais... " Mais voyant Isabelle s'énerver : " Assurément, s'empressa-t-il de jeter au hasard, je ne serais pas allé jusqu'à soutenir que ce devait être un escroc ; je reconnais cependant qu'il ne nous a jamais inspiré grande confiance... J'aurais préféré ne pas vous le

�� �