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124 ^A NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

à reconnaître combien cet événement est pénible pour la famille et l'entourage de celui qui... "

D'un mouvement impatient, l'Ombrageuse l'interrom- pit. " Est-ce par égard pour moi que vous dites ça ? Vous êtes bien bon, mais ce n'est pas la peine, et je n'ai que faire de vos condoléances... Les malheurs de ce monsieur me laissent fort indifférente. Je le connaissais mal, à vrai dire; peut-être êtes-vous mieux informé de son caractère... Raison de plus pour vous expliquer !..."

D'un coup d'oeil furtif, le jeune homme interrogea l'énigmatique visage tourné vers lui. " Nos rapports avec M. Latour, fit-il enfin, n'ont jamais été que fort lointains. Je ne le regrette pas, à coup sûr, mais dans ces conditions il m'est assez difficile d'avoir une opinion personnelle. Je comprends et j'approuve en tout cas votre réserve, car il faut bien convenir, après ce qui s'est passé, qu'il apparaît sous un jour assez fâcheux..."

" Un jour fâcheux ! s'exclama Isabelle, quelles façons vous avez de vous exprimer. Voyons ! appelez les choses par leur nom. Traitez-le donc de filou et de grec, tout sim- plement ! " Et elle se retourna en riant vers Boboli, assise derrière elle, cependant que les jeunes gens décontenan- cés se consultaient des yeux.

" Au surplus, reprit-elle froidement, tant de délicatesse vous honore ; vous permettrez néanmoins que je m'étonne de votre bienveillance envers un homme qui n'a jamais paru se soucier beaucoup de votre estime ou de votre sympathie..."

Chariot eut un sourire contraint :

" Evidemment, évidemment," fit-il avec un geste con- ciliant, et se hâtant de battre en retraite: " Du reste, reprit-

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