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SUR LA CRITIQUE AU THEATRE ET SUR UN CRITIQUE

��Oui, c'est " un ingrat et dur labeur ", que rendre compte, au jour le jour, de la production théâtrale. Dur, et monotone, et dangereux labeur. On conçoit qu'à la longue un talent d'écrivain s'y fausse, que s'y use la vertu d'un esprit droit... D'abord, il faudrait indiquer dans quels milieux, sous quelles influences un critique dramatique reçoit ses impressions et prépare ses jugements. Il faudrait peindre les salles de spectacle où, parmi la frivolité générale, nul ne sait, restant dans son coin, préférer au charme des conversations le plaisir de penser juste, le bonheur de parler vrai. Là, dans la plus factice atmosphère, de toutes parts frôlées, fascinées, assaillies, contrariées, l'at- tention se relâche et l'émotion s'altère, la pensée neuve encore et mal assurée se déforme et se corrompt.

Mais ce qui surtout doit aflâiblir les mieux doués d'entre nos critiques dramatiques c'est, je pense, l'obligation qu'ils subissent de s'intéresser constamment à de la médiocrité. Par lassitude.

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