Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


POEMES D UN VOYAGE 721

prennent part, mêlant leur âme à tout le poème de la messe et s'enivrant du culte, que là-bas, dans une brume d'encens, au milieu des lumières, con- duit ce pontife doré. Que de ferveur, et comme ils s'appliquent ! Qu'on les sent, oui, ardents et scrupuleux ! Vraiment ils s'évertuent, chacun de son mieux ; et pas un que ce souci d'une dévotion parfaite ne tienne, et captive tout entier, n'enfièvre et assombrisse ; j'en vois qui demeurent tendus, et certains semblent excédés. Cependant de toutes parts on entend sourdre une prière sans fin, c'est partout la circulation d'une parole monotone, sous le silence comme un grouillement de mots; jamais tous ne se taisent à la fois, quelques-uns toujours sont à entretenir l'oraison.

Mais la sonnette tinte, les voici à genoux et cois, recueillis dans un acquiescement profond au miracle eucharistique ; et déjà des femmes atten- dent à la Sainte-Table, — auprès d'où je me glisse...

De chaleureuses femmes, et qui communient avec sentiment. Et l'on voit assez combien ce dieu qu'elles reçoivent leur est plaisant, voluptueux, combien leur chair s'intéresse dans ces délices de l'âme ; je vois celle-là, celle-ci, comme amoureu- sement elles agréent l'hostie, avec quelle gourman- dise de son dieu cette autre s'y ouvre, et puis se referme toute sur lui — Maintenant elle l'em- porte! va en jouir à l'écart: aussitôt posée, au fond

�� �