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64 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

rable ait été supprimé comme un méchant joueur de flûte ou un petit employé concussionnaire ; il n'est pas indifférent non plus que Molière se soit vu traiter en joueur de farces.

Partout où la tyrannie sociale maintient Fart en tutelle, celui-ci progresse lentement, avec crainte, selon des nécessités organiques, et l'ar- tiste reste derrière son œuvre. S'il fait un pas, c'est dans les orties et les ronces d'une persécution toujours vigilante. Mais dès que l'oppression se relâche, les changements se font pour eux-mêmes, par goût d'innover, de conquérir, de s'affirmer et la personnalité de l'artiste passe au premier plan. Ne cherchons pas de principes esthétiques là où régnent surtout les contraintes sociales. On parle de renaissance classique. A peine imagine-t-on qu'une telle expression puisse trouver de sens. Il semble que ce ne pourrait être que dans une société étroitement socialisée, matée par les médecins et les policiers et qui ne laisserait plus l'individu se manifester qu'en tant que servi- teur public. Ce respect du XVII e siècle pour les formes traditionnelles, cette méfiance envers tout ce qui est individuel, attribuons-les bien moins aux artistes classiques qu'au dédain de leur époque. Peut-on dire qu'il y ait des artistes sages ? L'intoxication imaginative est partout la même, et porte aux mêmes excès. Mais il est des artistes qu'on dégrise.

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