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NOTES 689

d'expression pour lesquelles sa rudesse ne le dispose pas, traduise un pillage ou un exploit en une rigide "sinfonie".

J. R.

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L'ACTION FRANÇAISE ET LE CAS MORÉAS.

Toute la presse a rendu à Jean Moréas l'hommage que son haut talent méritait, encore qu'elle l'ait obstinément diminué en ne voulant voir en lui que le poète statique et désespéré des derniers poèmes. Chose singulière, c'est dans V Action Française qu'on a montré le plus de juste sens. M. Charles Maurras a bien discerné la valeur proprement lyrique du poète : ce don tout personnel d'assembler suivant une musique vraiment neuve et délicate les mots les moins précieux. De ce don, M. Maurras avoue jouir aussi bien dans le " myriapode symboliste " du Pèlerin Passionné que dans les Stances. Dont acte. — On comprend du reste son attitude. Si française, si poésie de " nationalisme intégral " que paraisse la poésie des Stances, il est ennuyeux que le signal de ce " retour " — puisque retour il y eut, au dire des plus compétents de nos journalistes — ce soit un étranger qui l'ait donné : M. Maurras a ses raisons pour ne pas insister sur l'influence " classique " d'un " métèque ". Mais il est des grâces d'état pour un métèque " athénien ". Du moins, ajoute M. Maurras, celui-là n'était pas un " Sarmate ". Eh ! les Sarmates n'ont-ils pas des liens de parenté avec les Albanais ?... — Où la situation des néo-royalistes en face de Jean Moréas devient plus difficile encore, et là M. Maurras s'efface et laisse la parole au journal, c'est quand il s'agit des funérailles. Le " nationalisme intégral " comprend la stance, comme on sait, mais aussi le catholicisme. Or, Moréas est mort, dans toute sa lucidité d'esprit, sans prêtre, et a voulu non seulement des obsèques civiles, mais l'incinération !... — Ah ! par quelle ruse ces messieurs s'en tirent ! Jugez et goûtez :

" En se détachant de la nationalité grecque, Moréas se trouvait avoir abdiqué en même temps le rite national. Il

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