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JOURNAL SANS DATES 66$

A Saint Sébastien, sur la place, nous nous fîmes servir du chocolat espagnol, épais et fortement aromatisé de cannelle ; on le sert dans de petites tasses, bien trop petites à mon gré. J... prétend ne pouvoir souffrir le chocolat à l'espagnole ; elle demande donc un chocolat " à la fran- çaise. ,, On lui apporte presque aussitôt de ce chocolat, oui du même ; mais la tasse est beaucoup plus grande, et J... le déclare excellent. M... consent au chocolat espagnol, mais prend les gâteaux à l'œuf en horreur. Et comme je m'irrite à les voir toutes deux si résignées ou résolues à ne goûter à ce pays que par les yeux ou tout au mieux du bout des lèvres, en enfonçant mes dents dans cette pâte huileuse et grumeleuse et safranée, je crus mordre à même l'Espagne ; ce fut affreux.

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��Je goûte un vain plaisir à constater chez mon com- pagnon encore un peu moins de don que chez moi pour les langues. Au premier restaurant, passé la frontière, comme il indique du doigt, sur la carte des vins, une demi-bouteille de " cerveza " que nous jugeons devoir être de la bière :

— Pilsen o inglès ? demande le garçon.

— Mon pauvre ami, c'est inutile d'essayer, je ne com- prendrai rien de ce que vous dites !

Si pressante qu'ait été notre curiosité de Valence, arri- vés le matin, vers midi nous ne songeons qu'à repartir.

— Pourtant pas sans avoir vu la cathédrale... Guidés par notre fantaisie de calle en caile, nous voici

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