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64O LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

bien par obéissance pour ses parents qu'il se donnait tant de peine?

— Non, c'est pour plaire à quelqu'un ; c'est pour être digne de quelqu'un... Il y a un mois, je ne savais pas au juste à qui je voulais plaire, mais je savais que cette per- sonne viendrait. C'est pour honorer sa venue que je déco- rais de gloire toute ma vie, que je faisais de ma vie un beau palais qu'elle viendrait habiter. Maintenant cette personne est venue... C'est vous. "

Et voilà, c'était dit. Elle ne rougit pas ; elle restait calme. Elle était si belle qu'il croyait sentir la chaleur de son visage. Bientôt elle demanda en quelle classe était Santos Iturria. Puis elle ne parla plus que de choses insi- gnifiantes. Ils se séparèrent plus tôt que de coutume.

Imprévu, presque inaperçu, le grand période était arrivé, avait été dépassé — dans un profond silence. C'était un échec bien complet, cette fois. Joanny était furieux d'avoir menti pour rien. Car enfin ce n'était pas pour les beaux yeux — assurément très beaux — de Fermina Marquez qu'il travaillait. Cela devait arriver : maintenant, il la déstestait cette dévote !

Le lendemain et les jours suivants, jusqu'aux vacances de la Pentecôte, ils restèrent constamment près de Marna Doloré, et n'échangèrent que des propos de politesse.

��XVI

��Camille Moûtier était un élève de cinquième. A treize ans, c'était un petit garçon pâle ; aux cheveux bruns toujours coupés trop courts, aux yeux tristes. On devinait

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