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LA MORALE ET LA PEDAGOGIE DE M. BARRES 625

on est tout naturellement amené à les poser à propos de Barrés.

On s'est trop souvent demandé si Chateau- briand était sincère, ce que valait son christianis- me. Pourquoi ne serait-il pas sincère ? Le vrai, c'est que sa sincérité n'est pas la conviction d'un spéculatif, ni la foi d'un coeur passionné : c'est la sincérité des natures imaginatives — Barrés tout de même. Il est magnifiquement doué pour ima- giner les plus nobles attitudes du cœur. Il a lopté en toute bonne foi celle qu'il a trouvée la )lus noble. Mais parfois il se rappelle que c'est m beau jour qu'il l'a adoptée. Et il regrette lors le temps où il la cherchait. De là vient,

n même temps que son ironie, la divine musique

le ses phrases : elles semblent les mélodies d'un

ilé. Avant de rentrer en Lorraine, il se sentait

exilé de sa patrie. En Lorraine, il souffre d'une autre mélancolie. Le voyageur qui rentre dans la maison de son père souvent s'y sent un exilé. " Heureux ceux qui pleurent, dit Pascal, non pas de voir écouler toutes les choses périssables que les torrents entraînent, mais dans le souvenir de leur chère patrie, de la Hiérusalem céleste, dont ils se souviennent sans cesse dans la longueur de leur exil. " Ce n'est pas du ciel, mais de ses libres voyages, et des fleuves de Babylone que Barrés aujourd'hui se souvient.

En même temps que l'on aperçoit pourquoi

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