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PAS-COMME-LES-AUTRES 595

des maisons, de tout proches qu'il évite de traver- ser. La ville est remplie d'hommes et de femmes qui ne le regardent que pour se moquer de lui, de garçons et de filles de son âge qui l'effraient par leur turbulence.

La ville est envahie par la neige. De temps en temps, les cantonniers passent avec un traîneau triangulaire, tiré par un âne, et qui, tant bien que mal, fait sa trouée le long des rues, des chemins et des routes jusqu'à la dernière maison de chaque faubourg. Après, c'est la solitude des bois : à la grâce de l'hiver !

Gercé, fendu, le sol des sentiers sue de la glace comme les sapins, en été, suent de la résine. Parce qu'il manque de s'étaler, Pas-comme-les-autres songe :

— On glisse encore plus que sur les aiguilles des sapins !

L'air froid pique comme des milliers d'aiguilles fines. Et il ne faut pas compter, pour se retenir, sur les branchettes des arbres : gelées, elles cassent comme du verre.

Sur les chênes, des feuilles encore, mais si jaunes qu'elles semblent artificielles, comme si, de zinc, elles avaient rouillé sous les pluies du dernier au- tomne. Plus rien de vert, que les houx et le buis. A chaque branche pendent des aiguilles de glace que le soleil fait étinceler. Toute la plaine est blanche, d'une blancheur qui fait mal aux yeux,

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