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��PAS-COMME-LES-AUTRES

��STUPEUR DEVANT LA VIE

��C'est une petite ville où, silencieux, vit Pas- comme-les-autres. Elle est entourée de jardins, de champs et de prés, de montagnes couvertes de forêts. Elle s'enorgueillit d'être un chef-lieu de canton. Comme elle ne voit pas plus loin que la dernière maison de sa plus lointaine commune, elle s'estime unique. Elle croit que nulle autre, en tout cas, ne lui peut être comparée. Vaniteuse, il lui faut une " place " grande, propre, une rue pavée, d'autres rues où de l'herbe pousse, mais que ses cantonniers balaient une fois par semaine. Parfois, sentimentale, elle s'endort au chaud mur- mure des platanes et des tilleuls, les soirs d'été ; positive presque toujours, elle songe :

— Le blé pousse bien. La récolte sera superbe.

Elle n'est point paresseuse. La vie lui fut dure. Née en plein milieu des bois, sur du granit, elle a déraciné des chênes, arraché de la bruyère, fait sauter des rochers. A mesure que les maisons prenaient la place des arbres, les moissons, celle

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