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MAGNIFICAT 567

Et cette mort auprès de votre Vie, que nous ap- pelons ma vie !

Je suis las de la vanité ! Vous voyez que je suis soumis à la vanité, ne le voulant pas !

D'où vient que je considère vos œuvres sans plaisir ?

Ne me parlez plus de la rose ! aucun fruit n'a plus de goût pour moi.

Qu'est cette mort que vous m'avez ôtée à côté de la vérité de votre présence

Et de ce néant indestructible qui est moi

Avec quoi il me faut vous supporter ?

O longueur du temps ! Je n'en puis plus et je suis comme quelqu'un qui appuie la main contre le mur.

Le jour suit le jour, mais voici le jour où le so- leil s'arrête.

Voici la rigueur de l'hiver, adieu, ô bel été, la transe et le saisissement de l'immobilité.

Je préfère l'absolu. Ne me rendez pas à moi- même.

Voici le froid inexorable, voici Dieu seul !

En vous je suis antérieur à la mort ! — Et déjà voici l'année qui recommence.

Jadis j'étais avec mon âme comme avec une grande forêt

Que l'on ne cesse point d'entendre dès que l'on cesse de parler, un peuple de plus de voix murmu- rantes que n'en ont l'Histoire et le Roman,

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