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��JEAN MOREAS

��La mort vient de clore l'œuvre de Jean Moréas; on ne saurait dire qu'elle l'ait interrompue. Les familiers du poète parlaient bien d'un Philoctète, d'un Ajax ; certains laissaient entendre que ces nouvelles tragédies contiendraient les vers les plus puissants qu'eût écrits leur ami. A dire vrai, notre curiosité n'allait plus jusqu'à l'impatience. Il sem- blait que les Stances nous eussent donné cet accord plein, sonore et calme, sur lequel volontiers s'arrête une œuvre musicale et qui satisfait pleinement l'oreille et le cœur sans qu'il soit besoin qu'on le répète ou le prolonge. De temps à autre, nous lisions avec un plaisir toujours neuf, ces articles fluides, décousus et charmants où Moréas se laissait aller à une causerie élégamment familière ; nous savourions ce breuvage rafraîchissant et un peu clair, tout en sachant que nous ne saurions plus y trouver de saveur nouvelle. Quant au théâtre, nous possédions Ylphigênie et il ne paraissait pas qu'en regard des autres œuvres du poète, celles qu'il écrirait pour la scène dussent prétendre au

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