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520 LA NOUVELLE REVUE FRANÇA

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��chute du rideau. Si la Vierge folle, en deux ou trois scènes qui sont les meilleures, semble approcher quelque essentiel problè- me de vie conjugale, ce n'est que pour retomber aussitôt dans des débats sans profondeur. Souvent, mieux qu'en cette pièce, Bataille nous avait donné le sentiment qu'il saurait nous révéler des paysages d'âme où ses contemporains n'auraient pas encore circulé.

Il est peut-être encore une question plus grave, celle de la langue. Mais elle est si scabreuse qu'à peine on ose la poser. Hervieu a cherché un style de théâtre qui eût de la tenue et du tragique ; Bataille ambitionne de donner au sien un frémis- sant lyrisme. L'un et l'autre, différemment, accrochent notre oreille et souvent nous gênent. Ce n'est pas qu'un bon style soit forcément celui qui n'attire pas l'attention ; mais, à coup sûr, il ne l'attire pas aux mauvais endroits. On a reproché à Henri Bataille son extraordinaire virtuosité à " jouer sur la corde fausse ". Il faut lui rendre cette justice : c'est dans la Vierge folle qu'il y met le plus de discrétion et ce n'est que dans les moins bonnes scènes, comme celles qui ouvrent le troisième acte, qu'on rencontre ces phrases voyantes, trop fleuries et que les acteurs sont forcés d'escamoter du mieux qu'ils peuvent. Le secret de l'art dramatique n'est-il pas avant tout dans une certaine sonorité, une certaine force directe de la langue ? Comme la plus petite phrase de Molière semble faite pour être prononcée à voix pleine! "Nicole, apportez-moi mes pantoufles et me donnez mon bonnet de nuit "... — Mais n'est-il pas im- pertinent de sembler demander ses recettes au génie ?

J. S.

��SUR LA VIE, Essais par Yves Scantrel [Suares]. (Collection de " La Grande Revue ").

Félicitons " La Grande Revue" des notes Sur la Vie qu'elle nous donne depuis trois ans : Suarès, sous le pseudonyme de Scantrel, y parle à la foule.

C'était une entreprise singulièrement audacieuse que d'offrir

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