Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


514 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

le sentiment d'un devoir humain, une pleine sin- cérité, l'éternel doute et l'éternel courage devant l'action, c'est pourquoi vous direz toujours vrai, dussiez-vous tout remettre en question. Emile Henry ne m'est qu'un prétexte à vous écrire ainsi, et le moindre des prétextes, car il est dans vos pages sur Lourdes une communion, une mélancolie qui sont le propre de l'homme grave et juste.

Il y a bien des échos autour de vous ; je crois voir, lorsque vous parlez, tous les fils de la culture française vous comprendre. La classe qui vous a porté reconnaît sa voix, je sais mille choses qui pivotent autour de vous.

Vous aurez été pour moi, une fois de plus, l'initiateur d'un examen de conscience. Dirais-je que je ne suis pas des vôtres ? Comment serait-il possible de ne pas en être ? Mais je crois être en France le premier fils d'une race de pauvres qui soit allé dans les lettres. D'obscurs problèmes qui, pour vous autres n'existent même pas, m'entou- rent et s'imposent. Vous êtes soutenu, vous êtes étayé, mais il vaut mieux que je m'arrête ici et que je vous dise simplement que je vous admire.

Je vous envoie un petit livre qui s'appelle " La Mère et l'Enfant ". C'est à cause de votre fils Philippe. Je serais très heureux que vous le lisiez, puis que vous le mettiez dans la petite bibliothè- que où sont les livres qu'il lira lorsqu'il sera

�� �