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TERMINA MARQUEZ 509

parlait de choses indifférentes ou frivoles. Et même lors- qu'elle dormait, elle sentait Sa présence en elle.

— Et toutes mes pensées sont à Lui ; il me semble que je vis dans sa terrible Main, et il faut que je me fasse toute petite, et toute pure grâce à la communion, pour qu'il ne me rejette pas, dégoûté par la puanteur de mes péchés ! "

Elle acceptait avec joie les malaises et les maladies, qui, pensait-elle, la purifiaient. Son amour et son respect des pauvres étaient si grands qu'elle aurait voulu pouvoir s'agenouiller devant eux, dans la rue. Elle souhaitait de leur ressembler. Ces robes élégantes, toute! cette vanité mondaine, lui étaient à charge ; elle les changeait en instruments de mortification, car elle ne les portait que pour obéir à sa tante, qui exerçait sur elle la puissance maternelle. Parfois même, elle se croyait si bien semblable aux pauvres qu'il lui paraissait qu'elle marchait vêtue de haillons. Mais cette pensée même n'était-elle pas trop orgueilleuse ? — Un jour qu'elles étaient sorties à pied, on leur avait dit dans un magasin : " C'est sans doute trop cher pour vous. " Marna Doloré avait fait une scène, et était partie furieuse. Mais elle, comme elle avait été heureuse !

— Songez donc, on nous avait pris pour des pauvres ! " Il lui demanda si elle faisait beaucoup d'aumônes.

— Vous savez bien qu'on ne parle jamais de ces choses ; l'argent qu'on va porter aux pauvres, ce sont les rendez-vous qu'on a avec leur Père, le Roi du Ciel. "

Joanny regardait cette Chrétienne, étonné ; un peu gêné aussi : n'y avait-il pas quelque chose d'irrévérencieux dans ce bavardage sacré, dans ces paroles dites ainsi, en

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