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ISE

��506 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAI

l'orgueil comme un péché particulièrement affreux.

— Comment pouvez-vous parler de vous humilier, vous qui êtes si belle ?

Il avait dit cela tout naturellement : un premier com- pliment avait préparé la route. Mais elle pâlit et murmura d'un ton véhément :

— Oh ! moi qui ne suis qu'un tas d'ordures. " Joanny garda un silence embarrassé, mais respectueux.

Il sentait vivement, et les expressions outrées ne le faisaient jamais sourire...

Ils firent une expédition. Il l'emmena visiter les classes, les études et les dortoirs. Il lui dit :

— Tenez, voici ma place en étude. "

Elle regardait les murs sales, le plancher nu et plein de taches, la chaire sur l'estrade, le tableau noir. C'était si bizarre, de la voir là, avec sa riche robe claire et son grand chapeau d'été ! Il osa lui dire :

— Asseyez-vous à ma place ; vous verrez comme le

banc est dur et comme le pupitre " Il voulait exprimer

cette idée, que le pupitre, avançant trop, comprimait la poitrine de l'élève ; mais il ne trouva pas d'expression convenable et décente. — Elle s'était assise à sa place. Comme il ferait bon y travailler désormais !

Il la conduisit au dortoir La Pérouse, qui était le sien. En entrant, elle se signa, à cause du crucifix accroché au mur. Elle avançait avec précaution sur le carrelage trop bien ciré. Joanny, en rougissant sottement (il se serait battu, de dépit) lui dit : " Voici mon lit." Elle se tenait à une certaine distance des lits, prenant dans son regard tout l'ensemble du dortoir, et nulle place en particulier. Joanny ajouta :

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