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FERMINA MARQUEZ 487

Cependant l'étude devenait tumultueuse. M. Lebrun, affolé, n'interrompait plus ses réprimandes. Joanny entendit son voisin qui murmurait : " Cet idiot ne nous laisse même pas travailler tranquillement."

— Monsieur Léniot, vous persistez à ne rien faire ? " demanda M. Lebrun d'un ton agressif.

— Monsieur, je médite, " répondit Joanny. Toute l'étude se mit à rire hautement. Entendre le pion bafoué par le meilleur élève les encourageait. Un chahut s'organisa.

— M. Zuniga, quand aurez-vous fini de parler à votre voisin ? " criait le surveillant. " Voyons, M. Monte- mayor ! "

— Yo ? ié souis bien sage, moi, Mossieur."

— Alors, vous, oui vous, là. Votre nom, s'il vous plaît?"

— Juan Bernardo de Claraval Marti de la Cruz y del Milagro de la Concha." Le rire se changea en aboiement.

Joanny s'excitait, dans ce bruit. Il lui venait un désir de combattre, une audace qui lui faisait paraître ridicule sa timidité à l'égard de Fermina Marquez. Il se faisait un plan de séduction tout à fait facile. D'abord il songea à écrire une belle lettre, pleine de respect et de tendresse, comme la lettre par laquelle débute "La Nouvelle Héloïse ". Puis il pensa qu'un court billet vaudrait mieux. Enfin il résolut de ne point écrire du tout, mais de se présenter simplement en ami, et en ami de tous les Marquez. Il était d'abord très nécessaire de gagner la confiance de Marna Doloré. Et pour cela, il fallait qu'il devînt l'ami et le protecteur de son neveu.

Justement, le petit Marquez, en enfant gâté, se con-

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