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462 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAIS

on a assoupli, étendu l'ancien mètre, on peut, doit étendre la rime et l'assouplir. La rejeter c'est renoncer à la moitié de la valeur sensuelle de la prosodie française. Il n'est pas un de nos aînés vers-libristes, je parle de ceux qui ont réalisé, qui ait consenti systématiquement à un pareil sacrifice chez eux le vers blanc reste isolé, exceptionnel, en vue d'un effet précis. Je crains que MM. Duhamel et Vildrac n'aient trop cultivé tels autres poètes, d'intention noble, mais de réalisation barbare. On ne saurait justifier à la fois le " vers libre " de ceux-là et le " vers libre " de ceux-ci. C'est la tare profonde de leur petit livre, par ailleurs si ingénieux et délicat, et où nous ne saurions trop déplorer la condamnation de la rime et de l'assonance.

Ici donc s'arrêterait notre examen, sur une dé- ception finale, si notre curiosité ne se posait une question au sujet de la collaboration effective des deux auteurs au livre qui nous occupe. Jusqu'à quel point partagent-ils, quant à la rime par exemple, ce radicalisme un peu protestant ? car ils sont deux...

J'ouvre le dernier recueil de poèmes de M. Char- les Vildrac, Images et mirages, et je lis au hasard

O mon enthousiasme, ô mon si beau fils

De l'heure où s'en vont coucher les enfants

Jusqu'à celle où les fenêtres pâlissent

Bien des fois déjà sonnant l'olifant

O mon si beau fils

Tu as chargé, chargé les glaciers blancs.

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