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V


Sois-nous propice et consolante encor, lumière,
Pâle clarté d’hiver qui baignera nos fronts
Quand tous les deux vers le midi, nous nous rendrons
Respirer au jardin une tiédeur dernière.


Nous t’aimâmes jadis, avec un tel orgueil
Avec un tel amour bondissant de notre âme
Qu’une suprême et douce et bienveillante flamme
Nous est due à cette heure où nous attend le deuil.


Tu es celle que nul homme jamais n’oublie
Depuis que tu frappas ses bras victorieux
Et que le soir venu tu dormis en ses yeux
Avec ta splendeur morte et ta force abolie.


Et tu nous fus toujours la visible ferveur
Qui partout répandue et partout rayonnante
En des fièvres d’ardeur profonde et lancinante
Semblait vers l’infini partir de notre cœur.


Émile Verhaeren.