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FERMINA MARQUEZ 387

les jolis messieurs qu'il n'aimait pas. Et, avec ces gens sans esprit, prompts à la colère et aux paroles vilaines, il avait beau jeu. C'étaient ses plastrons et ses têtes de Turc. Il les affolait. Il les persécutait. Il leur faisait sentir qu'il avait toujours une chiquenaude à leur dispo- sition dès qu'ils deviendraient grossiers. Et eux-mêmes n'osaient pas se conduire en goujats, de peur d'être chassés. Dans ces assauts d'impertinence, Santos avait toujours les rieurs, — et les rieuses aussi, — de son côté. Cela pouvait finir très mal. Et une nuit, dans la rue, Santos reçut un terrible coup de poing sur la nuque. Mais Demoisel traita si bien l'agresseur qu'on n'y revint plus. Santos en fut quitte pour passer quelques jours à l'infirmerie ; pour tout le monde, il avait fait une chute dans la salle de gymnastique.

Ainsi, rapporter à Fermina Marquez son bracelet n'était pas une chose bien difficile pour Santos. Pendant toute l'étude du soir, et même en montant au dortoir, il joua avec ce bracelet. Et le jour suivant, quand la jeune fille nous tendit la main, le bijou était à son bras. Cela nous remplit de fierté : l'audace d'Iturria nous faisait honneur à tous.

VI.

Nous étions maintenant l'escorte habituelle de la jeune fille. Une dizaine, à peu près. Tous ceux qui l'appro- chaient, ceux auxquels elle parlait, ceux qui jouaient avec elle, formaient, autour d'elle, une sorte de cour d'amour ; c'étaient ses chevaliers. Les chevaliers de Fermina Marquez donc, étaient admirés de tous les élèves, et peut-être même des plus jeunes parmi les surveillants. De

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