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LE LIVRE d'oRPHÉE 36 1

les murailles, les rues qui descendent à la mer baignées d'une humidité bleue... Mais Mnasyle :

— " Souvenez-vous ! (et tout le monde alors se souvint). Souvenez- vous qu'à peine entrés, tenant par la bride les chevaux que le bruit de leurs pas sur les dalles désertes épouvantait, nous avions déjà peur, quand sur un geste d'Orphée les premiers chariots s'arrêtèrent ; les timons vinrent cogner les coffres, les chaînes un moment tombées se tendirent ; car dans le sable, sur des décombres, une fleur jaune se dressait, une sorte de flamme, et Orphée restait là devant elle, comme un guerrier qui pour prendre conseil a planté son épée en terre. C'est alors qu'il nous dit de ne pas aller plus loin.

— Le soleil, continuait Tityre, se coucha dans un ciel incomparable. Puis la chaleur, qui d'abord nous écrasait, s'évanouit, retournant à l'air plus serein des coteaux. Les uns s'étaient installés dans les maisons ; beaucoup dans lesjardins, cesjardins immenses où de place en place des fleurs s'élevaient, comme un chant d'amour dans une longue matinée silencieuse. Les autres campaient au bord du golfe même.

— Et les jours ressemblant aux jours, nous avons connu la pureté. Voyez, s'écria Cléaristo, je lève cette perle du côté de la lune, et je ny trouve plus comme jadis les reflets roux couleur de mer mauvaise ' "

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