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354 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Quand Jessie vit que tout était bien fini, elle pleura, tenant dans ses mains la main inerte du mort. Bientôt après, elle songea aux chevaux, les détela et leur enleva les harnais, puis les voyant se diriger vers la crique qui n'était pas loin, elle fixa sur les doubles brancards du wagon la toile qui formait les mangeoires et la remplit de foin haché.

Ce fut une veillée cruelle et solitaire pour cette gamine de douze ans : mais un moment arriva où le sommeil charitable la plongea dans l'oubli.

Dès l'aube, elle eut son réveil d'enfant qui prend long- temps à passer du sommeil à la vie : puis la réalité se dressa devant elle.

Elle ranima le feu, prépara le repas de l'attelage et montée sur son cheval, alla le chercher le long de la crique.

Punch, le gris pommelé hissa son maître au sommet de la pyramide de balles, et Jessie couvrant le corps de sa couverture l'amarra solidement. L'ouragan avait rafraîchi la température, il faisait presque froid.

Pendant un jour et demi, l'attelage conduit par l'enfant marcha d'un bon pas, car le chargement devait être délivré à la gare le lendemain avant midi : le cheval de Jones suivait derrière le wagon, la selle vide, la bride fixée dans l'étrivière de gauche.

Ce samedi matin là, alors que la rue principale de Gandoola était pleine d'animation et de trafic, les cava- liers et les buggies se rangèrent pour laisser passer le wagon et son attelage.

La masse surplombante des balles vacillait au moindre cahot, le wagon et ses roues portaient la poussière d'un long voyage comme le bateau qui arrive au port est couvert

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