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LE CHARRETIER 239

dans lequel les chevaux apparaissaient comme des fantômes: on embrassait le père, on appelait chaque bête par son nom tandis que les leaders " Punch " et " Duke " pressaient le pas en entrant dans le paddock qu'ils con- naissaient si bien.

On aidait le père à dételer ; Jessie se chargeait d'un collier qu'elle pouvait à peine traîner ou remorquait trois yards de chaîne. Les chevaux débarrassés de leurs harnais se secouaient d'aise et se dirigeaient aussitôt vers un petit monticule de sable où ils pouvaient s'ébattre à leur aise : c'était bientôt une houle monstrueuse de gros sabots bat- tant l'air et de croupes énormes se roulant dans le sable rose.

Le père avait faim, on se mettait vite à table. Entre les bouchées, il racontait son voyage : dans la Plaine Noire, il s'était embourbé deux fois avec 7 tonnes de fil de fer à bord ; il avait passé près de Sandy Ridge où 1 50 mineurs creusaient des trous partout afin de trouver des opales noires : deux hommes en avaient déterré pour 400 livres sterling en trois semaines.

Tandis que la mère débarrassait la table et lavait la vaisselle, Jones coupait son tabac et bourrait sa pipe tout en demandant des nouvelles du district. La petite, assise sur le genou du père en avait long à raconter au sujet d'un certain veau rouge, nouvel arrivé, et d'un cakatoes apprivoisé qui s'était chargé de tailler les deux rosiers du petit jardin.

En hiver, quand les routes étaient trop mauvaises, Jones restai- un mois ou deux sur sa ferme, s'occupant à défricher et à brûler les arbres morts. Il charriait aussi devant la maison un tas de bois à brûler qui durerait jus-

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