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Quelque gloire nouvelle et chèrement conquise,
Ou, lui faisant encore une couronne exquise,
Je ne sais quel amour si fameux et si beau
Qu'il eût environné d'un magique tombeau
Ta mémoire a jamais embaumée et fidèle.
Mais le monde, sans cesse a tes prises rebelle,
Tournait en un fantôme insensible et glacé,
Le mirage sublime a tes yeux retracé.
Et si tu recroisais tes mains sur ta poitrine,
Au lieu de partager une étreinte divine,
Ce n'était que ton sang dont la plus pure humeur,
Goutte a goutte, a l'écart s'exprimait de ton cœur.


C'est pourquoi, soucieux de t'égaler toi-même,
Et d'accomplir enfin ce refuge suprême
Ou plus rien désormais ne viendrait t'offenser,
Tu ne vis que la mort capable d'embrasser
Ta fortune et ton âme a leur souhait rendues.
Alors, pour les surprendre entre elles confondues
Et ravir au destin son envers dévoilé,
Tu descendis vivant dans le gouffre étoile
Creusé sous la fontaine obscure et scintillante.
Et la source t'ouvrit son onde bienveillante
Où l'on t'a retrouvé, par un riant matin,
A l'heure purpurine et tiède où le jardin,