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��284 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

moins cinquante. Quand il voulait se vanter, il disait :

— J'ai vu le salon de Madame Bonnet.

Le manège faisait penser à ce salon. On se serait trompé si Ton avait voulu énumérer toutes ses beautés. Le manège était comparable aux palais, le manège était comparable aux salons que Ton n'aperçoit qu'une fois dans sa vie, le jour où la fenêtre en est ouverte.

Charles Blanchard n'y avait jamais mis les pieds, il n'eût jamais osé y mettre les pieds. Il savait qu'il n'était pas fait pour en franchir le seuil.

Vers quatre heures de l'après-midi, les gens qui jusqu'alors avaient eu des affaires, ceux qui sont toujours en retard, les filles qui étaient allées au bal faire un tour de danse, les derniers habitants de la petite ville en un mot, avec les enfants, avec les amis, avec les personnes qu'ils avaient rencon- trées en route, vinrent autour du manège de che- vaux de bois prendre la place que chacun a le droit d'occuper. Ils s'avançaient, comme les gens s'avan- cent, avec le besoin d'aller au premier rang. Un assez gros mouvement en résulta, comme lorsque les nouvelles générations, écartant ce qui les gëne y veulent se faire leur place au soleil. Il s'agissait alors de se tenir avec fermeté pour qu'ils ne pus- sent vous déloger du poste que bien avant eux

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