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nuit, il semblait que ce fût tout un siècle qui venait de s'ouvrir et qu'un dimanche sans borne qui durerait jusqu'à la consommation des temps était descendu sur la Terre pour l'habiter.

On reconnaissait à peine la Grande Place. Des baraques sombres, entourées de toiles, qui, la veille, semblaient plutôt l'encombrer, venaient de subir une transformation merveilleuse : dès le premier rayon du soleil, chacune d'elles s'était ouverte comme une fleur.

Charles Blanchard fut très étonné. Il les con- naissait pourtant. Il les avait vues l'année précé- dente. Il y avait le jeu de massacre où l'on pouvait remarquer en passant la mariée dont le nez, comme avait dit une fois Villepreux l'horloger, était un nez en trompette. Il y avait le jeu de tir. Elles étaient faites pour les hommes, il fallait avoir assez de force pour lancer les balles, il fallait savoir se servir d'un fusil. Les baraques de loterie étaient faites pour les femmes. Les femmes faisaient tourner la roue. Quand la roue s'arrêtait, si elles n'avaient pas perdu, elles gagnaient un grand vase au choix que l'on pouvait ensuite voir chez elles sur la cheminée.

Les baraques étaient bien alignées, avec des toits en toile, et elles contenaient de beaux objets comme ceux que l'on aperçoit quand la fenêtre est ouverte dans les belles maisons. On allait les

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