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��266 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

A quatre ans, quoiqu'il eût touché toutes les choses qu'il avait pu atteindre, il n'avait pas épuisé une grande curiosité qui était au fond de lui- même et qui le poussa bientôt à tenter d'atteindre toutes les choses qu'il n'avait pas encore touchées. C'est pourquoi, lorsqu'il était dans sa maison, il partait pour aller sur la rue. Lorsqu'il était dans la rue, il ne s'arrêtait pas encore et partait pour aller sur la place ; il fût ensuite allé dans les champs, dans les bois, sur les routes et n'eût pas tardé à devenir, personne n'a le droit d'en douter, le plus jeune de nos explorateurs.

Ce fut au cours de ses voyages que Charles Blanchard rencontra tout ce qu'il ne connaissait pas. On ne peut pas dire que le monde nous cache sa face, chacun de nos pas nous mène au contraire dans un endroit où tant d'objets nous entourent qu'il semble que le monde ait voulu nous montrer tout ce qu'il contenait.

Charles Blanchard apprit l'existence du soleil, de l'azur du ciel, des arbres, des prairies, il sut qu'il y avait des oiseaux, des chiens, des chats, des chevaux.

Quand il était petit, il ne se rendait pas encore bien compte de tout cela. La vie était comparable à ces magasins de déballage dont on sait qu'ils ren- ferment tout ce qu'il vous faut, mais au milieu desquels, la première fois qu'on les visite, on a beaucoup de peine à trouver ce que l'on venait chercher.

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